Bonjour Madame la Ministre. Je suis un jeune énarque, tout juste sorti de l’école prestigieuse, sans aucune connaissance du système éducatif mais membre de votre cabinet grâce à mes relations…
Et c’est justement parce que je n’y connais rien que je peux proposer une politique scolaire ambitieuse à moindre coût.
Voilà mon idée. L’école doit s’inspirer de la formidable réussite de notre filière viticole !
Nous ne partons pas de rien : l’école française a longtemps été une référence internationale qui a permis l’alphabétisation des masses à la fin du 19 ème siècle et au début du 20 ème. Tout le monde s’extasie encore devant les lettres de nos anciens qui, même au front lors de la grande guerre, rédigeaient sans guère de fautes. Chacun se souvient aussi de ce fameux certificat d’études où cinq fautes à la dictée étaient éliminatoires.
Notre système scolaire a également permis d’atteindre la massification du baccalauréat des années 1980, 1990 et 2000, élevant le niveau de qualification indispensable pour faire face aux mutations économiques de notre pays. Ce formidable succès est principalement lié à la création et la réussite du bac pro qui était alors en quatre ans…
Bref, l’école d’alors était un bon cru. Mais, la concurrence internationale en matière de bons crus nécessite des modifications.
Et dans cette période de crise financière, il convient de baisser les coûts. Pour cela je vous propose, comme pour le vin d’effectuer des « mariages ». En viticulture, le mariage est un mélange de raisins de plusieurs cépages. Dans cette optique, il convient de développer les mélanges des différents publics : formation initiale, apprentissage et adultes. Rien de bien original, ces mélanges ou « mixage des publics » existent déjà dans le cadre des lycées des métiers et des campus des métiers. Il convient de les renforcer.
L’optimisation des places vacantes, le mélange des statuts des publics va bientôt nous permettre de remettre en cause le statut des enseignants qui devra s’adapter aux rythmes de formation des publics accueillis. Ainsi, je propose de réfléchir dès maintenant à un retour à un service de 23 heures pour les PLP de l’enseignement professionnel comme c’était le cas avant …
Mais j’ai mieux. Le mariage doit aller plus loin. Aux publics hétérogènes en statut, je propose d’ajouter les jeunes en situation de handicap. Le mélange est certes détonnant mais tellement savoureux en termes économiques. Les jeunes en situation de handicap coûtent beaucoup dans les établissements spécialisés. Les positionner en lycées professionnels, grâce à l’acte 2 de l’école inclusive, permet de supprimer ces structures.
Que ces jeunes soient en souffrance dans des classes inadaptées à leurs besoins n’est pas l’essentiel ; que les PLP soient en souffrance face à ce public éloigné de leur formation importe peu : ils adapteront leurs pratiques de gré ou de force. D’ailleurs l’individualisation des parcours doit devenir une obligation afin de pouvoir affirmer qu’il n’y a pas de mauvais élèves mais que des mauvais professeurs. Et si c’est l’ébullition dans les classes, si des vapeurs font pétiller les choses, ce n’est pas grave. En effet, Madame la Ministre, nous pourrons annoncer une grande évolution et commercialiser notre production sous l’appellation champagne. Il restera à consommer et ce sans modération.
– Olivier ROSIER – Secrétaire Académique –
Quelle plume ( réalisée dans du bois de vigne peut-être ?) Olivier !
Adapter ces pratiques, les Plp savent faire…mais toute chose à ses limites. Car que propose l’institution pour nous aider…Où est l’ingénierie de formation ? Où sont les AESH (qui sont très peu à être réellement formées) ?
Comme d’habitude on bricole et les dégâts collatéraux sont énormes !
Attention maltraitance et risques psychosociaux à la pelle ⚠️