Ils apparaissent tous les ans, début septembre, plein de fougue et de jeunesse. Les vieux que
nous sommes les regardent avec tendresse et bienveillance. Et il en faut de la bienveillance car ils sont en danger. Il convient d’en prendre conscience et de les protéger.

D’abord leur nombre se réduit. Les naissances financièrement contrôlées ne compensent plus

les besoins et depuis longtemps maintenant. Le nombre de potentiels reçus baisse d’année en
année et toutes les autorisations de vie ne sont pas pourvues. Pour une raison ahurissante, le
responsable des naissances considère que les nouveaux venus sont moins bons que les anciens.
Pour ma part, je trouve ce raisonnement méprisant à l’égard d’une jeunesse par ailleurs en
souffrance dans de trop nombreux domaines.

Mais ce n’est pas tout. Depuis trente ans, leurs conditions de vie ont profondément été
modifiées. Je me souviens quand j’étais à leur place… J’avais à mes côtés en permanence un
tuteur qui me faisait découvrir les modalités de survie. Jamais seul, il m’apprenait tout ce qu’on
devait savoir, tranquillement, sans stress, dans la plus grande bienveillance. Une fois que je fus
prêt
, vers le milieu de l’année, il m’avait lâché et laissé prendre en main mon destin, ses classes.

Cet écosystème, jugé trop coûteux a totalement été abandonné et nos jeunes sont mis en
situation immédiatement… Certains ne survivent pas au choc et à la violence de la nouvelle
situation. Ils abandonnent le territoire, réduisant encore l’espèce.
Nous devons réagir avant qu’il ne soit trop tard. Nous ne devons pas abandonner l’espèce
enseignante naissante.

Tous ceux que l’on appelle les « stagiaires » peuvent se rapprocher de nous. Nous les
aiderons autant que nous le pourrons dans leur reclassement, leur mutation, et surtout dans le
quotidien du métier.

Nous sommes connus pour notre expérience et nos expertises et nous sommes déterminés à
aider nos jeunes collèges afin que les enseignants ne deviennent pas dans leur globalité une
espèce en danger.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :